Sur le toit, dans la gouttière, là où j’ai installé le pot de persil et celui de basilic, il y a des châtaignes. Bourses de cuir brun. Comment sont-elles arrivées là ? Je les tripote, elles sont vides ! Ouvertes, déchiquetées. C’est un bec qui a fait ça. Encore le goéland ? Est-ce le même qui se perche parfois au-dessus de la verrière et m’observe en se dévissant littéralement la tête ?

L’automne est là, chaud et humide, à moins qu’il ne soit frais et venteux, lumineux un jour, comme effacé le lendemain. Les jardinières fleuries suspendues aux balustrades, le long de l’Odet, disparaissent progressivement. Chevelues, elles ont bien changées, depuis leur installation, le 1er juin dernier ! Dans un même mouvement, les tapis de marrons écrasés sont balayés. Sécurité oblige.  Quelques retardataires continuent de dégringoler, signalant l’impact par le bruit de froissement qui le précède. Bientôt, ce seront des tapis de feuilles jaunies, racornies, qui accueilleront les pas des piétons de Quimper. Je souris. Le piéton de Quimper. C’est ainsi que Jean Caveng qualifiait Max Jacob. Combien de fois a-t-il assisté à cette scène automnale ? Peut-être aspirait-il à une chute rapide, les frondaisons masquant le mont Frugy, pourtant face à sa fenêtre.